Résolution des conflits entre frères et sœurs ?

Ces derniers mois, j’ai réalisé une mini-étude, dont l’idée était de recueillir des témoignages sur les relations entre frères et sœurs, avec différents points de vue : celui des parents et celui des enfants eux-mêmes. Je me suis intéressée aux relations entre deux enfants d’une même fratrie (i.e. une dyade) et je me suis penchée tout particulièrement sur les différents types de conflits et sur la manière dont ils étaient (ou non) résolus.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à remercier tout particulièrement les familles qui ont accepté de participer.

Mon travail a consisté à confronter des éléments issus d’un article scientifique de Recchia et Howe, publié en 2009* avec des éléments recueillis au cours d’entretiens auprès d’enfants et de parents. Si certains termes sont un peu trop techniques ou bien si vous souhaiteriez que j’approfondisse certaines notions dans un autre post, n’hésitez pas à me l’indiquer en commentaire !

Associations entre compréhension sociale, qualité de la relation dans la fratrie et stratégies de résolution de conflits : Résumé de l’article de Recchia et Howe (2009)

Dès la naissance et progressivement, l’enfant va développer et acquérir de nouvelles compétences socio-cognitives qui vont lui permettre d’appréhender plus finement les interactions sociales. L’enfant va vivre des expériences interpersonnelles plus ou moins positives et agréables, ce qui influencera notamment la qualité de la relation. Par ailleurs, alors que certaines relations peuvent être choisies (e.g. camarades d’école), d’autres sont « imposées » (e.g. frères et sœurs). C’est justement aux relations fraternelles que Recchia et Howe (2009) se sont intéressées. L’objectif de leur étude était d’analyser les liens entre compréhension sociale, qualité de la relation dans la fratrie et stratégies adoptées par les enfants lors de conflits.

De précédentes études ont en effet montré une association positive entre compréhension sociale et comportements interpersonnels adaptés mais qu’une bonne compréhension sociale peut aussi servir certains comportements anti-sociaux (e.g. mensonge, harcèlement). Cette contradiction pourrait s’expliquer par le fait que les comportements sociaux dépendent également de la nature de la relation interpersonnelle et notamment de la motivation à maintenir ou non la relation. Si la question se pose de maintenir ou non une relation amicale, la situation est plus complexe dans la fratrie où les relations ne sont pas choisies.

Les conflits entre frères et sœurs durant l’enfance sont fréquents. Il apparaît que les stratégies mobilisées pour résoudre les conflits diffèrent en fonction du rôle dans la fratrie (plus jeune versus plus âgé), notamment du fait de différences dans le développement socio-cognitif. De plus, la soumission ou l’incapacité à résoudre les désaccords sont plus fréquents que le compromis ou la réconciliation. Enfin, le déroulement et l’issue du conflit seraient modulés par la qualité de la relation, avec des stratégies davantage constructives (e.g. négociation) quand la relation est bonne, et destructrices (e.g. taquinerie) lorsqu’elle ne l’est pas.

Recchia et Howe (2009) ont choisi de tester l’hypothèse selon laquelle la qualité de la relation modèrerait le lien entre compréhension sociale et stratégie de conflit constructive ou destructrice dans des dyades de frères et sœurs.  Pour cela, leur étude a été menée auprès d’une population canadienne de 62 fratries de deux enfants, dont les âges variaient entre 4 et 10 ans, et de leurs primary caregiver, le plus souvent, la mère.

Les chercheurs ont mesuré trois aspects de la compréhension sociale. Chaque enfant a été invité à raconter comment se sont déroulés deux conflits récurrents dans la fratrie. Les expérimentateurs ont identifié dans quelle mesure l’enfant faisait référence à sa propre perspective (e.g. « Je pensais que c’était mon tour de jouer ») ou à celle de l’autre (e.g. « Il s’est énervé sur moi »). Il a également été proposé à chaque enfant d’interpréter une situation hypothétique de conflit. Le but était d’évaluer la capacité à appréhender les positions de chacun, sous-tendues par des interprétations différentes de la situation. Enfin, les enfants ont passé une tâche de fausse croyance de 1er et 2nd ordre sous forme de jeu de marionnettes.

Par ailleurs, on a demandé aux enfants d’essayer de trouver la meilleure solution possible à un conflit récurrent. Les expérimentateurs ont ainsi relevé si la négociation aboutissait à un compromis ou non. Les trois membres de la famille ont également évalué la qualité de la relation dans la fratrie, via un questionnaire pour les parents et à partir de scénarii avec des marionnettes pour les enfants. Enfin, les parents complétaient un questionnaire évaluant pour chaque enfant la propension à utiliser, pendant les disputes, des stratégies constructives (e.g. excuses après la dispute) ou destructrices (e.g. insultes).

Les résultats indiquent que les plus âgés font plus souvent référence aux différents types de point de vue, obtiennent un meilleur score à la tâche de fausse croyance de 2nd ordre et à la tâche d’interprétation de conflit, mais que ces meilleurs scores sont imputables à leur âge plus élevé. En revanche, l’âge des enfants ainsi que la différence d’âge sont indépendants de la qualité de la relation. Aucune différence significative est observée en termes de stratégies de résolution de conflit à la maison ou de résultats des négociations, en fonction de l’âge de chaque enfant, de la différence d’âge ou du genre.  

Une association entre compréhension sociale, qualité de la relation, stratégies de résolution de conflits et résultats des négociations est également mise en évidence par cette étude. Toutefois les auteurs précisent que la tâche de fausse croyance et le score d’interprétation du conflit mesurent différentes façons de penser le désaccord. Savoir interpréter des conflits, c’est-à-dire comprendre que des perspectives incompatibles peuvent être à la fois plausibles et valides, est une chose. Mais quand l’enfant est lui-même protagoniste, il peut avoir du mal à mobiliser ses compétences de compréhension sociale car des facteurs motivationnels peuvent entrer en jeu, et notamment la qualité de la relation.

La qualité de la relation dans la fratrie est fortement corrélée avec les stratégies de résolution de conflits et la capacité à trouver un compromis ou non. Cela pourrait suggérer que l’enfant est probablement davantage motivé à trouver une issue favorable quand il s’entend bien avec son frère ou sa sœur, et donc à résoudre le conflit de manière constructive.

Quand la relation est bonne, le cadet serait plus disposé à répondre positivement aux propositions de son aîné même s’il ne comprend pas son point de vue. En revanche, quand la relation fraternelle est médiocre, la probabilité de trouver un compromis est assez faible.  Toutefois, même lorsque la relation est bonne, si le cadet a du mal à exposer son point de vue, il peut être difficile de développer une compréhension mutuelle et les aînés peuvent recourir à des stratégies destructrices. Ce type de stratégies est moins courant si le cadet est capable de rapporter son point de vue, ce qui pourrait suggérer que les aînés soient davantage prêts à prendre en compte les perspectives de leur cadet quand ils s’entendent bien. De même, si le cadet a une bonne compréhension sociale, cela peut suffire à le motiver à faire des compromis même si la relation n’est pas très bonne. Toutefois, la compréhension de la perspective adverse peut aussi conduire à en dénigrer la pertinence voire à s’en servir pour manipuler l’autre, ce qui peut rendre difficile la résolution des conflits.

D’autres facteurs, indépendants de la qualité de la relation, sont aussi à prendre en compte. Les résultats indiquent, par exemple, que le faible recours au point de vue d’autrui par les aînés lors de la narration des conflits était lié négativement à la probabilité de trouver un compromis.

Ces résultats suggèrent donc la nécessité de prendre en compte à la fois les facteurs motivationnels et les facteurs socio-cognitifs lorsqu’on cherche à comprendre les modes de résolution des conflits dans la fratrie.

Analyse sur la base des données recueillies auprès d’enfants et de parents

Afin d’articuler recherche et application, j’ai choisi de recueillir des données d’entretien auprès de cinq dyades d’enfants âgés de 4 à 10 ans, tranche d’âge identique à celle de l’article présenté ci-dessus. Les grilles d’entretien (enfants et parents) ont été construites afin de recueillir des données sur la qualité de la relation dans la fratrie, sur les comportements adoptés par les enfants lors des conflits et sur les stratégies de résolution des conflits.

Sans surprise, des conflits entre frères et sœurs ont été rapportés par toutes les dyades, et ce quelle que soit la qualité de la relation entre frères et sœurs. Les conflits portent sur différentes problématiques. Il peut s’agir d’un désaccord sur la manière de jouer ensemble, sur un différend autour d’un jeu, que l’un ne veut pas prêter par exemple, ou lorsque les deux veulent jouer avec le même jeu. Il apparaît également des conflits lorsque l’un a envie de jouer avec l’autre et que ce dernier n’a pas envie, ou bien encore quand l’enfant plus âgé choisit de jouer seul et que cela a pour effet involontaire de peiner le plus jeune. Des conflits en lien avec de la jalousie ont été rapportés, dans une moindre mesure, par exemple quand l’un fait quelque chose de mieux, l’autre va se venger en l’embêtant. Si l’on reprend la codification de Recchia et Howe (2009), les conflits évoqués au cours de ces entretiens portent donc sur des questions morales (taquineries avec intention malveillante), sur des problèmes conventionnels (règles dans les jeux), sur la violation de l’équité et des droits, sur des problèmes personnels (jouer seul ou ensemble) et enfin sur des préoccupations morales (lorsque l’enfant plus âgé choisit de jouer seul). Enfin, sur un autre plan, un des aînés de l’une des dyades a rapporté que parfois il y a une dispute sur un malentendu : l’un voulait juste s’amuser mais cela a été interprété par l’autre comme une intention de l’embêter. Les propos de cet enfant reflètent sa capacité à comprendre que des perspectives incompatibles peuvent être à la fois plausibles et valides. Cette capacité de compréhension sociale de l’aîné joue certainement un rôle dans la résolution des conflits au sein de cette fratrie, et ce d’autant plus que la relation entre les deux enfants semble être de bonne qualité.  Toutefois, comme le précisent Recchia et Howe (2009), ces compétences en compréhension sociale peuvent être difficile à appliquer dans le feu de l’action, ce qui pourrait contribuer à expliquer la présence de certains comportements non constructifs, tels que les coups.

En ce qui concerne les résultats des négociations, l’étude de Recchia et Howe (2009) mesurait cette dimension au travers d’une discussion entre frères et sœurs sur un conflit récurrent. L’objectif donné aux enfants était clairement d’essayer de trouver la meilleure issue possible, en dix minutes. Les propos des enfants et des parents recueillis lors des entretiens relatent certains aspects des négociations et de l’issue du conflit, à savoir un compromis ou l’absence de compromis. Bien qu’il soit difficile de tirer des conclusions sur la base de quelques propos, certaines tendances peuvent être observées.

Tout d’abord, comme le suggèrent différentes études (Howe et al., 2002 ; Siddiqui & Ross, 1999, In. Recchia et Howe, 2009), il semblerait que le compromis soit rare entre frères et sœurs. Quand on parle de compromis, il faut entendre que les deux parties se mettent d’accord et que cet accord permet à chacun d’obtenir une partie de ce qu’il voulait, pas de gagnant, pas de perdant. Il convient toutefois de garder en tête que les données recueillies dans mes entretiens le sont, d’une part, auprès des parents qui ne voient pas et n’entendent pas toujours comment ça se passe, et ce d’autant plus si les enfants arrivent à se mettre d’accord tout seuls, sans éclat. C’est d’ailleurs ce que rapportent les parents eux-mêmes. Et d’autre part, auprès des enfants dont les capacités métacognitives sont en cours de développement. On pourrait alors estimer que les négociations aboutissant à un compromis sont sous-représentées dans les données d’entretien.

Dans l’une des dyades, l’absence de compromis se manifeste soit par la soumission du plus jeune au plus âgé (e.g. « va plier », « encaisse », « va bouder dans sa chambre ») soit par des coups et cris qui vont alerter les parents. L’intervention des parents conduira à une punition, souvent de l’aîné qui fait davantage mal à son cadet, et à la séparation de la dyade. Toutefois, les deux enfants rapportent que parfois, lors de disputes, ils arrivent à vite s’apaiser. Le peu d’éléments rapportés ne permet pas d’estimer s’il s’agit d’un véritable compromis ou non. Dans une autre dyade, alors que le parent parle de compromis (e.g. « par le dialogue », « ce n’est pas l’un qui va gagner sur l’autre »), l’aîné évoque davantage une absence de compromis avec impasse (e.g. « on va le dire aux parents », « font autre chose et comme ça la dispute est finie » ; « se séparent chacun dans sa chambre ») et/ou soumission du plus âgé au plus jeune (« C’est toujours moi qui doit être d’accord avec lui »). Enfin, dans une autre dyade, le parent décrit une absence de compromis avec impasse inéluctable.

Dans une autre dyade, le compromis semble également être difficile. Le parent parle d’abord de compromis mais ajoute finalement un rapport de soumission du plus jeune à l’aîné (« l’aîné a un peu plus d’autorité dans la négociation », « en général, le plus jeune dit oui »). Les impasses semblent être également fréquentes. Le parent rapporte que ses enfants viennent le voir. Le plus âgé explique également que son cadet le dénonce auprès de son parent et qu’un arrêt de la dispute sans recours au parent est quasiment impossible.  

Pour une autre dyade, le parent rapporte que certains conflits aboutissent à une impasse, avec échange de coups et intervention d’un des parents. D’après ce dernier, un compromis est parfois possible grâce à l’intervention de l’adulte qui va aider à la reformulation des points de vue de chacun. Il rapporte l’existence d’accords procéduraux, à tour de rôle (« d’abord idée de l’un puis idée de l’autre ») ou bien la décision commune de jouer ensemble à un autre jeu. Le plus jeune rapporte qu’ils « Arrivent parfois à se mettre d’accord » mais il précise que « Des fois c’est l’un qui cède, des fois c’est l’autre », ce qui pourrait davantage faire penser à une soumission. Le parent rapporte d’ailleurs que l’aîné « a du mal avec les compromis », ce que l’aîné exprime lui-même très bien : « Il accepte des fois mon idée mais pas toujours […] Je ne me laisse pas facilement convaincre par lui ». Un point intéressant qui est soulevé au cours de ces entretiens est le décalage qu’il semble y avoir entre l’aîné et le cadet. En effet, l’aîné nous dit essayer d’expliquer les choses à son cadet, « mais c’est complexe car il faut trouver les mots sans le vexer, sans le fâcher, pour le convaincre alors qu’il a pas envie ». Et le parent indique que le plus jeune « fuit les explications de son aîné, qu’il juge trop compliquées » et que le plus jeune « poursuit son aîné pour lui expliquer son point de vue ».

Finalement, même si le compromis n’est pas toujours là, on peut observer dans cette dyade un certain équilibre, et non pas la soumission ou la domination de l’un sur l’autre. Une des solutions trouvées par ces deux enfants aux conflits est la séparation, qui peut être spontanée. En termes de stratégies constructives, on relève aussi une certaine écoute de l’autre (« Face à celui qui crie le plus fort, l’autre va céder car comprend que pour l’autre c’est plus important que pour lui. Ça arrive dans les deux sens »). L’aîné rapporte également essayer de consoler son cadet quand il pleure après la bagarre en acceptant de suivre son idée, en s’excusant.

Par ailleurs, deux aspects, peu détaillés dans l’article de Recchia et Howe (2009) ont été soulevés lors des entretiens. Il s’agit de l’influence, d’une part, de la personnalité de l’enfant et de sa capacité de régulation émotionnelle, et d’autre part, de l’humeur et/ou de l’état de fatigue de l’enfant au moment du conflit. En ce qui concerne la personnalité de l’enfant, les résultats de l’étude de Recchia et Howe (2009) montrent que le recours à une perspective autocentrée des aînés lors de la narration de conflits est lié négativement à la probabilité de compromis et que cette relation est non médiée par la qualité de la relation. Les propos sur la relation dans l’une des dyades semblent corroborer ces résultats. D’après le parent, l’aîné est très centré sur ses propres intérêts (e.g. relation « toujours un peu utilitaire », « faut que ça la serve », « intransigeante », « faut que ça aille dans son sens ») et les compromis lors de disputes avec son cadet semblent être très rares.  

On note également dans le discours des aînés, un sentiment d’être supérieur : « lui il connaît pas ça du tout » ; « lui comme il est plus petit que moi il est moins fort, il arrive moins à me faire mal » ; « même si j’suis souvent un peu plus fort quand même… j’suis quand même un peu plus grand que lui ». Quand le conflit est accompagné de violence physique (coups, bagarre…), cette différence de « force » entre aîné et cadet peut influencer l’issue de la dispute. Toutefois, on constate ici deux types de comportements de l’aîné. Soit il va réaliser que son cadet a eu mal, s’excuser et faire une concession, soit il va rester sur sa position, nier son implication voire mentir. Il semblerait que lorsque la relation est de qualité médiocre, l’aîné utilise ses compétences en compréhension sociale à son avantage uniquement. Recchia et Howe (2009) rapportent que ce déséquilibre entre aîné et cadet peut être influencé par les compétences du plus jeune en compréhension sociale et par la qualité de la relation. Sur la base des entretiens menés, il paraît difficile d’évaluer le niveau de développement socio-cognitif de chaque enfant. En revanche, nous avons quelques données sur la qualité de la relation dans les différentes dyades.

Recchia et Howe (2009) ont montré que l’âge des enfants ainsi que la différence d’âge étaient indépendants de la qualité de la relation. C’est la tendance que nous retrouvons, notamment avec deux dyades identiques pour ce qui est de l’âge. Pour l’une il semble y avoir une relation de bonne qualité alors que pour l’autre, la relation semble être compliquée.

Dans le cas de la première dyade, les propos du parent semblent indiquer une bonne relation entre les deux enfants, une relation quasiment fusionnelle, mais le parent précise que depuis peu, les choses se sont un peu compliquées. Il précise que pour le plus jeune, l’aîné était vraiment son modèle et que le plus jeune faisait tout comme son aîné. Si l’aîné était d’accord avec quelque chose, le cadet l’était aussi, et si l’aîné n’était pas d’accord, le cadet ne l’était pas non plus.

Dans l’article de Recchia et Howe (2009), pour apporter une explication à l’effet d’interaction observé uniquement pour le cadet entre qualité de la relation et références narratives, il est évoqué l’hypothèse selon laquelle il y a plus de chance que le cadet acquiesce simplement ou réponde positivement aux propositions de son aîné quand la relation est bonne, et ce même si le cadet ne comprend pas le point de vue de l’autre. Finalement, c’était peut-être le cas de l’aîné de cette dyade il y a encore peu de temps. Quatre-cinq ans est un âge charnière où, de façon générale, les enfants réussissent aux tests évaluant la théorie de l’esprit de 2nd ordre, marquant l’acquisition de la capacité à comprendre l’état mental d’autrui et à lui attribuer des fausses croyances. On peut donc supposer que cet enfant a acquis de nouvelles capacités pour appréhender le point de vue d’autrui et que cela modifie la dynamique de la relation avec sa fratrie. Toutefois, l’article émet également l’idée que si le cadet a du mal à exposer son point de vue, il peut être difficile de développer une compréhension mutuelle et l’aîné peut alors recourir à des stratégies destructrices. Or, d’après les propos du parent, l’aîné aurait tendance à « écraser » son cadet, à dénigrer ce qu’il dit. Dès lors, on pourrait imaginer que le cadet ne trouve pas l’espace nécessaire pour exposer son point de vue.

Finalement, les quelques données recueillies au cours des différents entretiens semblent aller dans le sens des résultats observés dans l’étude de Recchia et Howe (2009). Les stratégies de résolution des conflits dans la fratrie et la manière dont se terminent les disputes semblent être reliées à différents facteurs. D’une part, le niveau de développement socio-cognitif influence la manière d’appréhender le conflit et d’envisager les perspectives de la partie adverse. D’autre part, la qualité de la relation, et donc la motivation à ce que le conflit se termine le mieux possible pour chacun, semblent également influencer les comportements des enfants lors des disputes ainsi que leurs stratégies de résolution des conflits. L’interaction entre compétences socio-cognitives et qualité de la relation est difficile à affirmer sur la base de si peu de données récoltées mais nous avons pu constater que le déroulement et l’issue des conflits n’étaient pas les mêmes selon que la qualité de la relation paraissait être bonne ou médiocre. Enfin, les données d’entretiens ont permis de soulever la possible implication de la personnalité de l’enfant dans la résolution des conflits entre frères et sœurs, tout comme celle de l’humeur ou de l’état de fatigue du moment ou encore des capacités de régulation émotionnelle et de la tendance à l’impulsivité. Les dynamiques de relation dans les fratries sont complexes et l’on peut aisément imaginer que bien d’autres facteurs les influencent, ce qui laisse la porte ouverte à de nouvelles recherches !

*Recchia, H. E. and Howe, N. (2009). Associations between social understanding, sibling relationship quality, and siblings’ conflict strategies and outcomes. Child Development, 80: 1564–1578.

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Mon cartable – Coloriage sensoriel

Cette année Marie, 5 ans, est en grande section de maternelle et comme tous ses petits camarades, elle porte un cartable sur son dos ! 

Ce lundi, après le goûter, pendant que Louise et Faustine faisaient leurs devoirs, j’ai proposé une activité manuelle à Marie… elle était partante, comme très souvent !

J’ai sorti ma petite réalisation… et j’ai invité Marie à toucher le cartable. Elle ne percevait rien de particulier. Alors, j’ai sorti quatre feuilles de papier de textures différentes. Je l’ai invitée à toucher et là, elle sentait bien les différences de texture sous ses petits doigts.

Puis, je lui ai demandé, selon elle, quel papier j’avais utilisé pour colorier le cartable… Elle m’a répondu en se servant à la fois de ses yeux et de ses doigts.

Avant de démarrer, j’ai prévenu Marie qu’elle ne terminerait pas tout aujourd’hui, que c’était une activité que l’on ferait sur plusieurs jours. En effet, nous ne disposions pas de beaucoup de temps et je tenais à prévenir Marie pour éviter toute frustration inutile.

Je lui ai alors proposé de colorier « son » cartable. Elle était perdue :

– Mais je ne sais pas faire ! 

– Regarde, tu peux utiliser les différents papiers et tes crayons de couleur. A ton avis, comment peux-tu faire ?

Après quelques instants de réflexion, elle a trouvé une solution.

Au départ, elle voulait faire comme moi, les mêmes couleurs, les mêmes reliefs. Elle a mis une feuille de papier de verre sous son cartable et a colorié. Entre chaque couleur, elle touchait le modèle pour choisir le bon papier. Peu à peu, elle s’est détachée du modèle et a fait selon son envie.

Une fois le coloriage terminé, elle a sorti sa valisette de ciseaux crantés, en a choisi une paire et a découpé son cartable.

C’était maintenant l’heure de prendre la douche. Nous avons donc tout bien rangé et mis le cartable dans une pochette pour poursuivre l’activité le lendemain. 

Le lendemain…

Marie a ressorti son cartable puis sa valisette de ciseaux. Quant à moi, je lui ai donné une feuille avec la comptine « A l’école » et des feuilles de bristol bleu et rose.

Elle a découpé la petite comptine, a choisi la couleur de la carte et a découpé un petit rectangle à coller sous le texte. Pour cette dernière étape, elle s’y est reprise à deux fois car le premier rectangle était trop grand. Elle voulait que je lui découpe un rectangle à la bonne taille. J’ai essayé de lui expliquer qu’elle pouvait couper un peu les bords… mais elle a eu une idée : elle a pris un autre bout de papier et a  recommencé pour couper directement à la bonne taille !

Elle a ensuite tout collé et a tracé un petit liserai de couleur autour du texte.

Elle était très contente d’elle et a accroché son œuvre à son mur avec de la pâte à fixe !

Ma réalisation
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Un entonnoir c’est bien pratique… même dans le bain !

Ce soir, au moment du bain, j’ai proposé à Clément, 4 ans, une bouteille d’eau vide, un entonnoir et un bol en plastique… Il était ravi et très enthousiaste !

Il s’est d’abord amusé à remplir la bouteille avec la douche pendant que l’eau coulait pour le bain. Puis il a vidé la bouteille en la retournant…

– Elle va à toute vitesse, regarde Céline !

Il a ensuite remarqué que le bol en plastique flottait… mais que s’il mettait de l’eau dedans, il coulait au fond de la baignoire !

Clément a essayé de remplir la bouteille en versant de l’eau à l’aide du bol… mais toute l’eau allait à côté du goulot…

– Oh non… soupira Clément.

Je lui ai alors présenté l’entonnoir. Clément a ouvert de grands yeux, émerveillé par cette invention phénoménale.

– Oh ! On peut vite remplir, regarde Céline ! Ça coule vite dedans ! s’exclama Clément tout en versant une grande quantité d’eau dans l’entonnoir.

C’est ainsi qu’il a fini de remplir la bouteille…

– Oh ! Ça déborde ! dit-il en éclatant de rire.

Il a vidé la bouteille, l’a remplie à nouveau… et a recommencé de nombreuses fois cette manipulation.

Il a aussi réessayé de remplir la bouteille sans l’entonnoir… mais rien à redire, un entonnoir c’est bien pratique et très efficace ! Et si on le met dans l’autre sens ? Clément a voulu essayer mais il a vite compris que ça n’allait pas du tout, mais alors pas du tout !

Et puis finalement, la réalité a été rattrapée par l’imagination débordante de Clément et le bol s’est transformé en bateau dans lequel j’ai été invitée à monter, pour vivre tout un tas d’aventures !

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C’est l’été !

Voici quelques activités et jeux à proposer aux enfants sur les thématiques de l’été, de la mer, de l’eau, du soleil mais aussi du feu d’artifice. Amusez-vous bien !

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Abracadabra… dans la salle de bain !

Après que Marie (5 ans) ait terminé son coloriage Petit Ours Brun dans son livre d’activités, je lui ai dit que nous allions prendre la douche.

Elle n’était pas motivée, mais alors pas du tout… et pour preuve, elle s’était allongée sur son lit, fatiguée, et ne voulait plus en bouger.

Après un petit moment à essayer de la convaincre que cela allait lui faire du bien, qu’elle aimait bien prendre une bonne douche chaude… rien à faire.

  • Je suis collée à mon lit, je peux plus bouger ! argumenta Marie en souriant.

J’ai alors compris qu’il me fallait être plus imaginative si je voulais la faire bouger en douceur ! Ah, je sais ! Continuer la lecture de Abracadabra… dans la salle de bain ! Vous aimez cet article ?! Partagez-le ! Facebooktwitterredditpinterestlinkedin